Définition de l'influenceur : lui correspondez-vous à 20%, 50% ou 70% ?

influenceur définition : lui correspondez-vous ?

Déjà en 2006, Tristan Nitot, fondateur de l’association Mozilla Europe, comptait jusqu’à 25 000 visiteurs pour chaque billet publié sur son blog. C’est parmi les premières fois qu’on observe le métier d’“influenceur” émerger. En effet, si on s’accorde pour dire que la recommandation existe depuis de nombreuses années, notamment avec le celebrity marketing qui est documenté dès 1940 par exemple, une ère nouvelle apparaît avec ces leaders d’opinion qui sont de simples anonymes à la base.

Une liste paraît cette même année, en 2006, publiée par Le Monde, et met en avant 15 blogueurs d’influence, dans diverses catégories. Nous avons repéré un dénominateur commun à l’ensemble de ces créateurs de contenus : aucun ne s’attendait à ce que leurs voix soient autant écoutées. Et par extension, aucun ne recherchait ni gloire ni succès.

Alors, depuis le métier a évolué vers des pratiques parfois contestables. Et ce, en rapport aux niveaux douteux de légitimité, d’expertise, ou d’intérêts financiers de certains. Mais, des questions nous taraudent si on prend de la hauteur : qui est le vrai influenceur ? Existe-t-il encore ?

Qu’est-ce qui distingue celui qui envoie de la poudre aux yeux pour masquer un manque d’expertise de celui qui, réel créateur de contenu, œuvre par passion pour apporter sa vision singulière et éclairée ?

 

 

L’influenceur est un vrai passionné

La passion détruit plus de préjugés que la philosophie. Diderot.

Ils sont experts, spécialistes, ou encore chercheurs. Ils prennent du temps à explorer, disséquer, intellectualiser des concepts, problématiques et des tendances dans leurs sujets de prédilection.  

Sans vraiment redouter de l’opinion ni de la réaction des gens, ou juste ce qu’il faut, ils ne cherchent pas à séduire à tout prix et s’en tâchent à exprimer un avis, ainsi qu’une opinion franche. Plutôt que de véhiculer un discours lisse et commercial. Conscients que leur vérité n’est pas forcément la même pour tout le monde, ils n’ont pas peur de créer discussion, débat et confrontation des idées, bien au contraire. 

Bien souvent, c’est donc la passion qu’ils ont comme carburant. Et non la rémunération distribuée par les marques. Et croyez-nous, ça change tout. 

 C’est cette même passion pour carburant qui a alimenté Tim Urban, l’auteur du blog parmi les plus influents de sa génération : Wait But Why. Et dans cette interview pour Forbes, il raconte qu’il a œuvré pendant 6 ans sur un blog personnel avant que, plusieurs années plus tard, il ne soit sollicité par Elon Musk en personne pour écrire cette série de 4 articles sur ses entreprises.
Autrement dit, l’influenceur digne de ce nom agit par passion et non par recherche de gloire ou de succès. Pour ces deux derniers composants, c’est le travail de qualité qui s’en occupe. 

 

L’influenceur est un as du digital et des outils qu’il utilise

Au même titre qu’un expert en crypto monnaie n’avance pas sans connaître l’intérêt d’une totale anonymisation de sa connexion, et donc d’un outil comme un VPN par exemple, l’influenceur digne de ce nom possède et maîtrise tout un panel de solutions. Il est même à l’origine de l’évolution de ces derniers. Tout comme Neil Patel qui, spécialiste du SEO, qui a lancé Ubersuggest, des propres produits à destination des entrepreneurs en quête de visibilité en ligne. L’influenceur, tel que nous le définissons ici, n’hésite d’ailleurs pas à mettre le prix si une solution lui permet de gagner en productivité et efficacité.

C’est ainsi que Superhuman, solution client mail, a construit son projet. L’entreprise se voit par exemple proposer des services qu’ils facturent au moins 30 $ par mois à leurs utilisateurs. Et si vous croyez qu’ils consacrent un budget monstre à prospecter leurs futurs clients pour vendre leurs produits, vous vous méprenez. Et c’est même tout l’inverse qui se produit. En effet, Superhuman fonctionne uniquement sur le principe de la recommandation et avec puissance. Car utiliser cette solution signifie que vous avez été coopté et cerise sur le gâteau : ils refusent certains clients. Pourquoi ? Parce que plutôt que d’arroser le public d’une solution qui ne sera jamais exploitée à 100 % par ses utilisateurs, les fondateurs préfèrent miser sur une poignée d’utilisateurs aguerris et experts du digital. Ces derniers leur garantissent, en plus d’un revenu, la meilleure publicité qui soit. Celle qui est véhiculée par des spécialistes, pour un segment de niche, et même élitiste.

Jonathan Lefèvre, auteur de L’Obsession du service client en parle mieux que nous dans cette interview pour Plumes with Attitude.

 

L’influenceur possède peu de réseaux sociaux de prédilection

Concentré, et même s’il les connaît tous, l’influenceur n’a pas vocation à multiplier les plateformes, réseaux sociaux ou canaux, ni de manger à tous les râteliers. À l’inverse même de cette approche, surtout quand il se lance, notre leader d’opinion va plutôt se concentrer sur un ou deux réseaux sociaux différents pour véhiculer ses contenus.

À ses débuts, c’est en se concentrant sur un seul format, la newsletter, qu’Anne-Laure Le Cunff a réussi à concilier neurosciences et entrepreneuriat. Avec 12000 lecteurs assidus à son actif, et surtout une monétisation qui a connu un véritable succès, Ness Labs, la newsletter d’Anne-Laure a été son unique outil de propagation d’idées pendant longtemps. Elle a continué d’être active sur Twitter, et a depuis développé d’autres formats comme le podcast par exemple.

Pour faire écho à l’écriture, Substack, plateforme pour les amoureux des lettres, affirme que leurs meilleurs contributeurs peuvent atteindre des revenus de plusieurs centaines de milliers de dollars par an grâce aux newsletters payantes qu’ils proposent. Ces derniers, ont une méthodologie qui illustre bien notre propos : 100 % des meilleurs newsletters payantes sur Substack n’utilisent que ce canal de distribution.

 

L’influenceur est indépendant

On parle même du concept d’indie maker. Ces derniers sont concentrés à développer leurs propres produits. À la différence des freelances qui produisent des services à leurs clients. Néanmoins, les modèles ne sont pas contradictoires et un indie maker peut être freelance et représenter un réel apport de valeur avec le travail qu’il produit pour ses clients.
Si tant est qu’il ait choisi, au départ, de s’exprimer sans orientation et direction qui bride et biaise via un cahier des charges ou un brief. Créant son propre ADN de marque personnelle, il avance en toute liberté avec une totale marge de manœuvre sur l’ensemble de ses prises de décision. C’est ainsi par exemple, que des startups comme Mailchimp ou même Basecamp ont fondé leurs entreprises : loin des investisseurs. Il faut donc se dire que pour l’influenceur qui possède un réel pouvoir de recommandation : c’est la même chose. Il avance, au début, du moins, loin des marques et des annonceurs, et choisit par la suite, les entités qu’il veut représenter. Celles qui sont en adéquation avec ses valeurs, ses convictions et son discours. Et là, l’un n’empêche pas l’autre : les influenceurs peuvent toucher de jolis cachets pour être ambassadeur de ces marques. Patagonia, marque engagée et activiste de matériel sportif et technique, représente un cas d’école passionnant et à deux échelles.

 

Dans cet article publié sur Medium, on y décortique sa présence sur les réseaux sociaux et évoque le point de départ de ce projet : concevoir du matériel de qualité respectueux de l’environnement. Cette prise de position forte inspire et entraîne donc un engouement qui rend fiers les influenceurs qui choisissent de s’exprimer au nom de la marque. Comme : Steve House, alpiniste reconnu dans son segment qui est une niche.

Autrement dit, l’indépendance et la liberté de développer sa vision singulière et d’alimenter ses réelles valeurs et convictions, créent un réel cercle vertueux. Cercle dans lequel le pouvoir de recommandation a une dimension noble et de beaux jours devant lui.